Europe de L´Ouest. La visite de M. Lopez Bravo en France. 
 L´Espagne achéte trente Mirage III-E  :   
 Le ministre espagnol est reçu par M. Pompidou. 
 Le Monde.     Páginas: 1. Párrafos: 11. 

EUROPE DE L´OUEST

LA VISITE DE M. LOPEZ BRAVO EN FRANCE

L´Espagne acheté trente Mirage III-E

Le ministre espagnol est reçu par M. Pompidou

La conclusión d´un accord franco-espagnor signé mardi au ministére de la défense, pour la vente de trente

Mirage III-E a l´Espagne, a marqué la deuxiéme journée de la visite offiicielle de M. López Bravo,

ministre espa-gnol des affaires étrangéres. Les «entretiens élargis » qui avaient été prévus mardi matin au

Quai d´Orsay ont été reportes á Faprés-midi, MM. Maurice Schumann et Lopez Bravo ayant prolonge

pen-dant plus d´une heure leur téte-á-téte de la matinée. Les deux interlocuteurs ont été rejoints par M.

Ortoli, puis ils sont partís déjeuner chez M. Michel Debré.

Le ministre espagnol devait étre reçu mercredi aprés-midi á l´Ely-sée par le président de la Répu-blique et

rentrer á Madrid dans la soirée. Un communiqué devait étre publié dans la soirée de mercredi, mais il est

deja clair que le principal résultat du premier voyage en France depuis la guerre d´un ministre espagnol

des affai-res étrangéres est la conclusión de l´accord sur tes Mirage.

II porte sur la vente de trente avions de combat Mirage III-E et représente un montant total de 90 millions

de dollars (environ 500 millions de francs). Les appa-reils commandés par l´Espagne seront en partie

construits par l´industrie aéronautique espa-gnole. A l´origine, les Espagnols souhaitaient acquérir une cin-

quantaine de Mirage-III (le Monde du 8 ja.nvier). Ils ont depuis réduit leurs ambitions.

Les cent dix Mirage acquis récemment par la Libye et les cinquante Mirage destines primi-tivement á

Israel et placés sous embargo en France sont des Mi-rage-5. moins richement equipes en électronique que

les Mirage-III et done moins chers.

II faut rappeler également que la firme Dassault a, en juillet dernier, signé un accord avec la firme

espagnole Construcciones Aeronáuticas. S.A. pour la cons-truction en commun avec des sociétés belges

et italiennes du biréacteur (cent cinquante-cinq places, étapcs de 500 a 2 000 kilo-métres) Mercure, qui

doít étre mis en service vers 1972.

Aprés la signatura de l´accord, on indiqua.it dans les milieux francais qu´un tiers de la com-mande, soit

dix appareils. serait livré cette année, íes vingt autres devant étre livrés d´ici á 1972. On indiquait, d´autre

part, que l´accord s´mscrit dans le cadre de la coopération technique et indus-trielle entre les deux pays

dans le dómame de 1´aéronautique, puis-qu´il prévoit une participation importante des firmes espagnoles.

Le Mirage III-E est une des plus-recentes ver.sions de la serie Mirage. Un radar Cyrano et un cal-culateur

de navigation avec radar á effet Doppler lui permettent en particulier de naviguer á basse altitude sans

visibilité et de rem-plir pa,r tous les temps les mis-sions d´attaque au sol. II emporte deux missiles air-air,

deux mis-siles air-sol et, sous les ailes, soixante-douze roquettes de 68 mm. II est également equipé de

deux canons de 30 mm.

Communauté de vues quasi totale, tant sur la défense de la paix en Méditerranee que sur l´avenir de la

construction euro-péenne, coopération étroite et accrue entre les deux pays. c´est ce qu´ont affirmé MM.

Maurice Schumann et López Bravo, dans les toasts qu´ils ont prononcés mardi soir. á l´issue du díner

qu´offrait le ministre francais des affaires étrangéres á son hóte espagnol.

M. Maurice Schumann s´est tout d´abord felicité des entretiens qu´il a eus avec M. López Bravo, « útiles á

nos deux pays », á la coopération bilatérale et au-delá, on méme temps, aux objec-tifs communs : l´Europe

et la paix. Nos rapports. a poursuivi en substance M. Schumann, vont se ressorrant constamment. « C´esl

que nous sommes deux rieres na-tions au coeur de l´histoire euro-péenne. qui ont tisse des liens

permanents que telles péripéties de l´histoire contemporaine n´ont pu dejaire. L´Espagne a une vo-cation

européenne. Son remar-quable developpement économique de la derniere décennie luí per-mettra de jouer

un role de plus en plus important dans la construction de l´Europe en aidant celle-ci á résister á la tentation

du renoncement pour devenir la renaissance collective de vieux pays decides á coopérer pour rester

dignes d´eux-memes et d´abord pour rester eux-mémes. »

Un aulre terrain naturel de rapprochement, a encore indiqué le ministre francais, c´est la Méditerranee : les

intéréts sont parents, et « nous avons claire-ment verifié que nous avons là aussi franchi une etape impor-

tante de notre coopération : nous allons poursuivre nos efforts res-pectifs dans cette region, chacun avec

nos responsabilités, mais en restant en contact pour l´essen-tiel, la paix et l´independance des Etats

mediterranéens. Dans cette prespective, la France et l´Espa-gne peuvent compter l´une sur l´autre ».

De son côte M. Lopez Bravo, qui parlait en francais a souligné la « signification profonde» de son voyage

qui «ouvre une nou-velle étape dans nos relations »

« Nos deux pays, unis par tant de liens historiques, ne tiennent plus compte des préjuges qui les

séparierent dans un passé recent. Une coopération loyale, efficace, s´est instaurée. »

LES SOCIALISTES DE PARÍS PROTESTENT CONTRE LA VISITE DE M. LÓPEZ BRAVO.

La fédération de París du partí socialiste « élève une vire protes-tation contre la visite, en France, du

ministre espagnol Lopez Bravo». Elle ajoute : «Les dis-cussions qui s´ouvrent á cette occasion entre le

gouvernement français et le représentant de Franco sont partleulièrement scandaleuses au moment où le

peuple espagnol poursuit, dans les Asturies en particulier, la lutte contre la dictature franquiste. Elles

témoiqnent encore une fois de la solidarité que le pouvoir montre envers les régimes les plus

réactionnaires (Espagne, Grece. Portugal...), solidarité ré-vélatrice de sa nature profonde.»

 

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