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 La grâce du général Franco     
 
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Espagne

La grace du general Franco

II y a trentecinq ans, á Burgos, trois mois aprés le debut de la guerre civiie, le general Franco était, non sans certaines réticences, nommé chef de l´Etat par les généraux soulevés contre la Républíque espagnole. C´est pour célébrer cet anniversalre que le Caudillo a prononcé le 1er octobre un discours d´une dizaine de minutes devant plusieurs centaines

de milliers de personnes massées sur la place d´Orient.

Déjonant une nouvelle fots les prévisions de tous ceux qui annoncent périodiquement depuis dix ans son retrait

imminent de la scéne politique, le chef de l´Etat espagnol a precisé qu´il continuera a exercer toutes ses fonctions «

aussi longtemps, atil dit, que Dieu me prétera vie et ciarte de jugement ».

Le Caudillo s´est felicité du « bilan positif » des trentecinq années de son régime, estimant que cette misslon avait pu

étre menee á bien parce que « Dieu était á nos cotes ». II a, une nouvelle tols, fait l´apologie de la « démocratie

organique », le systéme, selon lui, « représentatif par excellence », en tout cas « plus fidéle et plus sincere que celui

des vieilles constructions polltiques ». Selon le general, la famille, la collectivité lócale et le syndicat sont les « trois piliers » de la représentation nationale, et dans ees conditions « les partis politiques n´ont pas leur place en Espagne ». Seule note légérement pessimiste dans son allocution : le general Franco a rappelé aux Espagnols que « l´ennemi n´a pas disparu ».

Cette méconnaiesance volontaire des événements politiques qui bouleversent la planéte hors des frontiéres de la

Péninsule, cette référence permanente á la main de Dieu dans celle du chef de l´Etat, cette autosatisfaction et cette

apologle des principes de base d´un régime autoritaire qui se présente comme la meilleure des démocraties possibles,

sont des thèmes quasi rituels qu´on retrouve réguliérement dans tous les discours du general Franco depuis trentecinq

ans. C´est done plutót dans les arriérepensées politiques du Caudillo ou de ses proches qu´il convient de chercher une

explication á ce rassemblement populaire exceptionnel du 1er octobre á Madrid.

De ce point de vue, cette manifestation, qui a été soigneusement organisée depuis une semaine par les autorités

madrilénes. est une replique á cet autre rassemblement de décembre 1970 ou les porteurs de pancartes avaient

acólame Franco et conspué l´Opus Del. Face á la volonté d´apolitisme de la majorité de l´armée et aux distances de

plus en plus grandes prises par l´Eglise á l´égard du régime, les deux principaux « clans » qui soutiennent le Caudillo

sinon le gouvernement paraissent de moins en moins disposés á composer sur une succession qui risque, le jour´venu.

de déclencher une crise grave.

La Phalange, ou ce qu´il en reste, a certes été écartée du gouvernement depuis octobre 1969, mais elle reste présente

dans la rué et dans l´apparell de l´Etat. Quant á ce qu´on appelle par une simplification excessive mais commode le «

courant Opus Dei », son succés peni paraitre consolidé par la manifestation du 1er octobre et surtont par la « gráce »

accordée par le general Franco á ceux de ses membres (anciens ministres et hauts fonctionnaires) gravement

impliques dans le scandale Matesa. Mais les limites mémes de cette « gráce » (les condamnés politiques ayant

commis des a fantes graves » en sont exclus) et la volonté d´enterrer politiquement la tres génante affaire Matesa

risquent de discréditer le seul gronpe encoré inconditionnellement rallié á la personne du general Franco. (Lundi 4

octubre.)

 

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