La route est longue     
 
 Le Monde.    13/12/1975.  Página: 1. Páginas: 1. Párrafos: 9. 

LA ROUTE EST LONGUE

Un gouvernement largement inspiré par le roi, preparé avec ni odestie par M.

Arias Navarro, el composé « sur mesure » pour servir le projet politique de MI.

Fraga Iribarne, nonveau mini stre de l´intérienr: telles sont les premieres

réflexions que suggérre l´équipe chargée de gouverner l´Espagne « au nom du roi

», moins d´un mois aprés la mort de Franco.

Lea partisans d´une ouverture libérare sont nombrens et ínfluents dans le

nouvean cabinet, comme étaient

nombreux depnis 1966 les ministres tonchés par le « domóla » de la

democratisation. Cette foi s, ponrtant, Franco n´est plus la Pour déconrager les

moindres velléútés de reforme. M. Fraga, Iribarne, quant a luí. affirme vouloir

aller « vite et fort ». « Deux semaines pour décider. deux mois pour mettre en

route, deux ans ponr réaliser ». ainsi avait-il formulé son parí. Le poste-clé

qu ´i1 occupe desormais luí assure, er principe, le controle des torces de

l´ordre et de l´administration interne. Ce qn´on sait de rancien ministre de

l´information, honrare énergiqne et decide, peut laísser penser qu´il utilisera

á plein les possibilités de manoeuvre qui lui sont ainsi offertes.

L´amertume des ultras, qui ne conservent que trois représentants an gonvernement

la réaction tres mitinee de la droite conservatrice. la satisfaction des

partisans de ronverture, tont cela peut incliner á l´optimisme Pourtant la

reserve, voire l´inquietude que continue de manifester la gauche est

comprehensible.

II s´agit maintenant pour la nouvelle equipe de passer sans tarder «aux actes en

triomphant des résistances d´un appareil d´Etat oü les Franquistes sont

nombreux. La táche ne sera pas facile, alors menne aque l´impatience et les

mouvements revendicatifs se développent dangereusement dans les set-teurs acquis

á l´idée de «rupture démocratique ».

La maniere dont seront abordes plusienrs problémes. en attente permettra sans

tarder de mesurer l´efficacité et les chances de succés du gonvernement.

L´extension d´un « indulto » dont le caractére restrictif avait beau-coup décu,

la promulgratiion d´une véritable amnistié, la iibération de dizaines d´autres

prisonniers politiques aprés celle abtenue ce vtndredi de M. Camayo,

l´humanisation du régime, M. Fraga Iribarne devra accomplir ce mínimum de gestes

s´il veut convaincre. A moyen terme, des décisions plus politiques encore

devront étre prises.

Le sort qui sera reservé au parti commnniste dans la future Espagne démocratiqne

demeure au cen. tre du débat. Le nouveau, ministre de 1´intérienr parait peu

disposé á accepter la légalisation du P.C.E. que reclame l´opposition de gauche.

II faudra trancher.M. Santiago Carrillo, qui n´accorde que deux mois d´existence

au noveau gouvernement, est sans illusion a ce sujet. De méme la reforme du.

systéme electoral parait urgente dans la perspective des prochaines elections

qni, au debut de l´annee_ 1976, fourniront l´occasion a M. Fraga Iribarne

d´affirmer sa représentativité.

Sur tous ees points, les obsta. cles demeurent nombretix. Aux Cortés, au

sein du Mouvement , i et dans larmee, les adversaires de

1´ouverture n´ont pas renonce á livrer bataille, et leurs armes

sont nombreuses. S attire la confiance de la gauche our au moins

obtenir un sursis, rassurer ceux des « libéraux » qui n´accepteraient pas que

l´on aille trop vite », vaincre les nostalgiques avec l´appui du

roi, gagner sympathie de I´opinion euro péenne : la táche,

decidemernt, sera rude.

Si á Madrid la direction choisie est la bonne, la route parait encoré bien

longue...

 

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