Espagne. 
 Défait du candidat gouvernemental á la présidence du Conseil national des patrons     
 
 Le Monde.     Páginas: 1. Párrafos: 7. 

Défoite du candido! Gouvernemental á la présidence du Conseil na liona! des patrons

(De notre corresponá. particulier.)

Madrid. — La victoire rem-portée par M. Dionisio Martin Sanz aux élections pour la présidence du Conseil national des patrons semble indiquer que le nouveau premier ministre des syn-dicats, M. Garcia Ramal, né tient pas encoré en main l´appareíl syn-dical patíemment mis au point par M. José Solis pendant les treize années au cours desquelles il le dirigea.

La présidenee du Conseil national cies patrons est la plus haute charge de l´organisation syndicale. Ce poste se trouvait vacant depuis le debut de novembre, son titu-laire, M. Luis Galdos, ayant démissionné pour marquer son désaccord avec la ligne politique Inaugurée par le cabinet formé en octobre 1968.

M. Martin Sanz a largement remporté la victoire avec quatre-vingt-huit voix face au candidat « officiel », M. Miro Buronat, président du Comité national des patrons du syndicat textile, qui n´a obtenu que cinquante-six voix.

Le triomphe de M. Martin Sanz pourrait signifier que les patrons espagnols ne sont pas d´accord avec le plan de développement, tout au moins si l´on admet qu´au sein de i´organisation syndicale une éleotJon á ce niveau signifie autre ctiose qu´un simple choix entre deux personnes. C´est en tout cas la premiare fois que l´on voit s´esquisser une ligne te indé-pendante », échappant au controle des dirigeanfcs minlsté-riels de l´organisation syndicale.

Le nouveau président du C.N.P. a l´habitude de gagner des élections difficlles. « Député » depuis la création des Cortés, il s´est fait élire, il y a deux ans a peine, premier vice-président de cette assemblée (la plus haute charge élective á laquelle puisse aspirer un « diputé » et cela en dépit des « pressions » exercées contre sa candidatura. Personnage haut eri cdúleur, íl aime encoré, á soíxante ans, Jouer les enfants terribles. Pére du « consommis », théorie socio-économíque1 qui n´est pas prise tres au sérieux, M. Martin Sanz n´a jamáis caché son antipathie pour M. López Rodo, ministre du plan de déVeloppement, ni son désaccord avec la politique économique de ce der-nier. C´est sans aucun doute l´adversaire le plus dur et le plus infatigable que le ministre ait Jamáis rencontré aux Cortés. II y a sept ans, il s´était deja opposé au premier plan de déveioppe-ment, et en 1968 il avait déposé aux Cortés un amendement demandant qu´un autre plan soit adopté. Cet amendement íut sou-tenu par une trentaine de « dé-putés » qui se récusérent en der-niére minute. M. Martin Sanz, lui, ne se démit pas et prononca de-vant les Cortes un discours dans lequel il critiquait vivement le plan.

M Martin Sanz est bien connu pour se battre pour des causes perdues Derniérement, il a mené lia bataílle pour la constitution d´une commission spécial-e des Cortés chargée d´enquéter sur 1´ « affaire Matesa ». Cette entre-prise, on s´en souvient, avait dé-tourné plus de 800 millions de F de fonds d´Etat qui lui avaient été verses au titre des crédits á l´exportation, pour des ventes á 1´étr.anger qui devaient se révéler fictives.

• M. Ángel Campillo, un Espa-gnol qui avait été expulsé par les autoTités Jrangaises en ¡évrier dernier, a été condamné á six ans de prison par le uribunal de l´or-dre public de Madrid. M. Ángel Campillo, membre du parti com-muniste espagnol, résidait en Prance depuis de longues années. Les autorités frangaises lui repro-chaient d´avoir participé aux évé-nements de mal 1968. Devant le tribunal de Madrid, 11 a nié avoir eu une activité politique en Espagne. Le méme tribunal a condamné trois personnes, dont un prétre, le R.P. Vicence Couce Ferreira, á un an de prison, pour avoir fait de la propagande en faveur des « commissions owriéres ». — (Reuter, A.P.)

 

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