Durcissement en Espagne?. 
 Les phalangistes veulent obtenir le départ des ministres "libéraux"     
 
 Le Monde.    23/12/1970.  Páginas: 1. Párrafos: 4. 

JEUDI 17 DÉCEMBRE AU MERCREDI 23 DÉCEMBRE

Durcissement en Espagne ?

Les phalangistes veulent obtenir le départ des ministres «liberaux

Treize jours aprés la fin du conseil de guerre de Burgos, les juges militaires continuaient de deliberar sur le sort des seize militants de l´ETA, dont six risquent la peine de mort. Le conseil de guerre de Burgos, qui porte le nom de Procés general contre Euzkadi Ta Askatsu.no. (ETA) sera le procés sumarisimo (suivant une procédure d´urgence) le plus long de l´histoire de la justice militaire espagnole.

Au fil des jours, l´incertitude grandit sur le sort qui sera finalement reservé aux accusés d´autant que le gouvernement adopte sur ce sujet un ton de plus en plus dur. Les manifestations de ce durcissement se multiplient: les syndicats (officiels) de dockers espagnols ont donné pour consigne de boycotter les bateaux francais, la France étant acousée d´avoir mené campagne contre l´Espagne. A Séville et en Cálice, une quarantaine de personnes viennent d´étre arrétées: elles sont accusées d´appartenir aux Jeunesses communistes. La semaine passée a été surtout marquée le 17 decembre par une manifestation de soutien au general Franco, qui a réuni sur la place d´Oriente a Madrid plus de cent millé personnes.

Quant au cónsul de la R.F.A. á Saint-Sébastien enlevé le 1er décembre, il reste aux mains de ses ravisseurs, les séparatistes basques de l´ETA.

Dans le discours qu´il a prononcé le 21 décembre aux Cortés, l´amiral Carrero Blanco, vice-président du gouvernement, s´est surtout efforcé de rejeter les accusations portees contre le régime, aussi bien á l´étranger qu´en Espagne, á l´occasion du procés de Burgos. II a réaffirmé rindépendance des juges militaires, bien que la lenteur de ceuxci a prononcer le verdict solt généralement considérée comme la conséquence d´une decisión tactique du gouvernement de Madrid. II a surtout mis au compte de la «subversión communiste» les remous suscites par le procés des seize nationalistes basques. Le discours a été assez fraichement accueilli par les phalangistes qui cherchent á obtenir le départ de leurs adversaires « européens» et «libéraux», les ministres des affaires étrangéres et du plan, MM. López Bravo et López Rudo.

(Lire aussi page 3 l´article de Marcel Niedergang.)

 

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