La manifestation prévue a Mauléon pour le jour de la patrie basque est interdite  :   
 De notre correspondant. 
   01/04/1972.  Páginas: 1. Párrafos: 5. 

La manifestation prévue á Mauléon pour le Jour de la patrie basque est interdite

De notre correspondant

Bayonne. — La manifestation organisée dimanche prochain, á Mauléon, par les nationalistes basques de I´ENBATA pour célébrer l´Aberri-Eguna, le Jour de la patrie basque, vient d´étre frappée d´lnterdiction par le préfet des Pyrénées-Atlantiques. L´arrété prefectoral estime que, á la suite de «l´annonce faite par l´association ENBATA d´une journée de lutte é l´occasion de l´Aberri-Eguna, la manifestation prévue est de nature a troubler l´ordre public ». Deja, l´an dernier, la manifestation, qui devait se dérouler á Saint-Jean-de-Luz, avait été interdite.

A la suite de cette decisión, le mouvement ENBATA, au nom de l´ensemble des organisations politiques basques, a publié jeudi soir le communiqué suivant • «En interdisant aux Basques de célébrer leur tete nationale Aberri-Eguna, et ceci malgré l´avis favorable du malte de Mauléon, le prétet demontre clairement que les libertes publiques des Basques se limitent a jouer a la pelote, à danser le fandango et á chanter dans leur langue étrange. Pour que la protestaron basque soit solennelle et unánime, les organisations patriotiques d´Euzkadi demanden! : é tous les pelotaris, dantzaris, chanteurs et pertsularis de refuser leur concours á tous les spectacles organisés le dimanche de Pâques; au public de boycotter, ce jour-lá, les manifestations utilisant des Basques ou le mot «basque»; aux hommes publics et au clergé d´évoquer dans leurs prises de parole la célébration de l´Aberri-Eguna ; enfin, á fous les amis et sympathisants, d´étre présents au seuil de l´église de Mauléon dimanche, à 11 h. 30, afín de recevoir de nouvelles consignes. »

Une certaine émotion régne dans les milieux nationalistes, en raison des mesures d´éloignement qui frappent ou menacent des refugies politiques basques venant d´Espagne. Six d´entre eux, qui avaient été accueillis par l´association d´entraide Anaí Artea, se sont vu notifier, la semaine derniére, un arrété d´interdiction de séjour dans onze départements du sud de la France (le Monde du 28 mars). Deux responsables de cette association d´entraide, M. de Monzón, président, et l´abbé Larzabal, secrétaire, ont été convoques au commissariat de pólice de Saint - Jeart - de - Luz, aprés qu´Anaï Artea eut publié un communiqué dans lequel elle prévenait «l´opinion publique, les élus et les pouvoirs publics que les mesures prises ees derniers temps contre les exilés et leurs amls ont produit une exaspération telle qu´elle risque de provoquer des réactions d´une gravité jamáis atteinte ».

Les deux dirigeants de l´association ont entendu lecture d´une lettre du préfet des Pyrénées-Atlantiques selon laquelle leur communiqué constitue une menace. Le président et le secrétaire d´Anai Artea, precise cette lettre, seraient passibles de poursuites si des conflits survenaient. En outre, M. de Monzón a été avisé que sa situation de refugié pourrait faire l´objet de sanctions éventuelles.

L´association Anal Artea tient á préciser qu´ «elle s´étonne de cette notification. En effet, se tenant strictement dans son rôle humanitaire, Anai Artea a cru devoir aviser les responsables d´une situation dont l´évidence apparaít aux yeux de toute la population basque. MM. de Monzón et Larzabal declaren! simplement qu´ils no comprennent pas le sens lies menaces dont ils sont l´objet et qu´lls ont l´impression de faire figure d´ «otages» pour le cas oü des incidents éclateraient, ce qu´ils n´admettent pas, ni en droit ni en íait».

 

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